Longtemps connu sous les noms de domaine “democratie participative .biz” (lien désormais bloqué) ou “democratie participative .tw”, le site “Démocratie Participative” (DP) sévit désormais avec l’extension .xyz.

La question est : pour combien de temps? En effet, ce site fait très régulièrement l’objet de censure pour son contenu très ouvertement raciste et antisémite. Ces adjectifs sont par aillurs entièrement assumés par les administrateurs.

 L’objectif de cet article est de s’intéresser aux différents enseignements que l’on peut tirer de l’existence de ce site, des différents remous qu’il a créés et de sa (relative) censure.

M.à.j. (28 juillet 2020) : l’extension en .me a été bloquée en France mais reste accessible via VPN/Tor. Le site est cependant passé sur l’extension .XYZ (democratieparticipative.xyz).

Avertissement : Cet article est rédigé dans l’objectif de faire des tests avec le référencement de Google.

Présentation du site “Démocratie Participative” 

Sur sa page d’accueil, le site “Démocratie Participative” annonce qu’il “rassemble les hommes et les femmes soucieux de défendre et promouvoir les valeurs démocratiques et humanistes conformément à l’idéal de justice sociale qui l’anime”. En réalité, cela ne correspond pas exactement à l’esprit de ce site “bouddhiste”…

 Démocratie Participative existe depuis 2016 et s’inspire très largement de “The Daily Stormer”, qui est désormais son équivalent aux Etats-Unis. DP est un site qui se proclame ouvertement raciste, antisémite et homophobe, et qui réagit à l’actualité en publiant chaque jour plusieurs articles au contenu exagérément outrancier. Comme son homologue américain, il fait régulièrement référence à l’Allemagne national-socialiste en des termes élogieux, et arbore une esthétique “fashwave”.

 DP publie également des émissions hebdomadaires, ou podcasts, de 2 à 3h, dont le contenu est sensiblement analogue aux articles. Je ne m’étendrai pas sur la ligne éditoriale du site, puisque le lecteur pourra y accéder lui même en suivant le lien actuel “democratie participative .me”. L’unique page du site qui ne recourt pas au vocabulaire grossier et volontairement excessif est la page annonçant que DP rejette toute forme de violence.

 L’administrateur principal du site est très probablement le breton Boris Le Lay, militant nationaliste exilé au Japon, et condamné à plusieurs années de prison en France pour certaines de ses prises de position publiques. Boris Le Lay est l’une des 3 grandes figures de la “dissidence” qui aborde frontalement la question raciale, avec Daniel Conversano et Henry de Lesquen.

Boris Le Lay democratie participative site
Le blogueur nationaliste Boris Le Lay, au Japon où il est exilé

L’audience du site “Démocratie Participative”

Maintenant que le site a été présenté, il est temps de se demander quelle est son influence réelle. Selon le site SimilarWeb, l’audience de “democratieparticipative.me” a dépassé les 600 000 visiteurs en février 2020. A titre de comparaison au sein de la “fachosphère”, c’est plus que TV Libertés (environ 550 000 visiteurs) et un peu moins que Riposte Laïque (environ 800 000 visiteurs).

Il semblerait donc que le site de Boris Le Lay ne soit pas aussi négligeable qu’on puisse le penser au premier abord. Lorsqu’on atterrit pour la première fois sur le site, c’est un choc. Le gouffre entre son contenu et ce qu’on est généralement autorisé à dire sur Internet est gigantesque.

C’est probablement, au-delà du ton ultra-cynique, ce qui fait le succès de DP. Ses lecteurs sont des personnes qui se sentent en décalage radical avec l’idéologie dominante, et qui trouvent un exutoire dans ce blog.

De son côté, la stratégie de Boris Le Lay est de décaler la fenêtre d’Overton vers la droite. Il est évident que depuis 70 ans, la fenêtre d’Overton ne cesse de se décaler vers la gauche. De ce fait, certains mots sont devenus extrêmement sensibles, et certaines idées sont impossibles à tenir en public pour éviter l’exclusion sociale. Dans une démarche très choquante pour les gens habitués à l’idéologie dominante, Boris Le Lay a choisi volontairement, sans aucune finesse, de mener le combat méta-politique à son niveau.

La censure et les nouveaux noms de domaine successifs

Naturellement avec une telle audience, le site de Boris Le Lay a attiré l’attention de certaines associations telles que la Dilcrah. Ainsi, après de multiples plaintes à son encontre, le 27 novembre 2018, le tribunal de grande instance de Paris a ordonné le blocage du site Internet “Démocratie Participative .biz” auprès des fournisseurs d’accès à Internet (Free, Orange, Bouygues Telecom,…). A ce moment-là, le site était connu sous le nom de domaine democratieparticipative.biz. Mais le site en lui-même ne pouvait pas être bloqué, seulement son accès au nom de domaine “democratie participative biz”.

Dès le premier décembre, le site a été recréé avec une nouvelle URL. C’est alors qu’un jeu du chat et de la souris commence entre la justice française et DP. Le site prétendument bouddhiste change très régulièrement de nom de domaine :

  • le site existait longtemps sous le nom de domaine “democratie participative biz”
  • En décembre 2018, il est redirigé vers le nom de domaine en .online, et rapidement en .site
  • En janvier 2019, il bascule sous l’extension .website
  • Au cours des mois suivants, le nom de domaine finira par .host, .best, et .club.
  • En août 2019, le nouveau nom de domaine est “democratie participative .tw”.
  • Récemment, il semblerait qu’il soit accessible via “democratie participative .me”.

 Le nouveau nom de domaine du site est systématiquement censuré par les moteurs de recherche. Cependant, il reste toujours accessible en 3 clics par le compte VK de DP, premier résultat sur Google.

Une censure impossible? Les mécanismes de protection mis en place.

Pour se protéger contre la censure, le site de Boris Le Lay est hébergé aux Etats-Unis, où la liberté d’expression est protégée par le premier amendement. Par ailleurs, l’adresse IP du site renvoie vers une société américaine qui permet l’anonymisation du véritable serveur sur lequel le site est hébergé. 

Démocratie Participative a mis en place d’autres mécanismes de protection, telle qu’une adresse avec l’extension .onion. C’est un lien vers une adresse Internet du darkweb, les sites qui sont accessibles via Tor et qui ne sont pas référencés sur les moteurs de recherche classiques. Déjà avec l’extension en .biz (democratie participative .biz), les rédacteurs de DP étaient très au fait des problématiques d’anonymat sur Internet. Ils publient régulièrement des articles pour donner des conseils d’anonymisation de ses lecteurs ou des recommandations de VPN à utiliser. Le site “bouddhiste” de Boris Le Lay semble se financer par des dons en Monero, qui est une cryptomonnaie anonyme et intraçable, contrairement au Bitcoin.

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2 commentaires

  1. Une petite remarque technique concernant la censure de DP. Le blocage ordonné par la justice française est le même que celui effectué pour les sites qui enfreignent les lois sur les droits d’auteurs. Celui-ci est basé sur la censure du nom de domaine sur le territoire national par une mise en équivalence de celui-ci à l’adresse IP 127.0.0.1 sur les serveurs DNS de l’ensemble des FAI français.

    Une méthode simple pour passer outre cette censure est de paramétrer les valeurs de serveurs DNS de chacun de vos appareils connectés avec des adresses de serveurs DNS autres que ceux des FAI français, par exemple 1.1.1.1 (Cloudflare) et 8.8.8.8 (Google).

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