NB : Cet article a été rédigé par Stanislas Cavelier, un nouveau contributeur au site.

L’image du catholicisme depuis une quarantaine d’années a considérablement évolué. Elle a dérivé lentement mais sûrement vers une spiritualité joyeuse mais molle, et « tendre la joue gauche » est trop souvent pris comme le credo d’une ONG boostée aux œstrogènes.

Or, le Christ, figure centrale du catholicisme bimillénaire, est venu en réalité tant pour amener le glaive que pour apporter l’amour. Oublier le premier au profit exclusif du second est une erreur que paye encore aujourd’hui l’Eglise. Cette saine virilité est nécessaire aux jeunes hommes ambitieux à la recherche d’occasions de mesurer une force, leur force, aussi bien qu’à tous les autres respectueux de la colère à bon escient, de la puissance protectrice. 

A quoi nous appelle le Christ ? A gratter une guitare et chanter en levant les mains ? Certainement pas. En tout cas, pas uniquement.

Cet article vous propose de retourner à la source des évangiles, la vie de Jésus, ses paroles, celles qui ont fondé la religion catholique. Ce sont ces paroles que des hommes et des femmes ont refusé d’abjurer sous l’Empire romain, dans le cirque devant les lions, et parfois encore récemment comme en Irak et en Syrie. Dans un souci de réinformation, c’est le véritable sens des mots utilisés par le Christ qu’il faut rappeler, c’est ce que nous ferons. Force et force, amour et amour, ces mots ont été dévoyés dans notre vocabulaire courant. 

Moi je vous dis, aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent.

Matthieu 5:44

Celui qui vit par l’épée périra par l’épée.

Mathieu 26:52

Ne nous trompons pas, ce que le Christ apporte, c’est l’amour. Mais l’amour profond, vrai, pas l’amour facile. L’amour qui châtie, l’amour qui fait violence pour atteindre le vrai Bien.

Le Chrétien est le sel de la terre, pas une vieille soupe

Au tout début de son travail, Jésus Christ rassemble une grande foule. Il monte sur une colline et sermonne le peuple, c’est l’épisode du discours sur la montagne. Ce long sermon appelle à une vie difficile et combattante, ce premier épisode de la vie adulte de Jésus annonce déjà la couleur.

Vous êtes le sel de la terre. Si le sel s’affadit, avec quoi lui rendra-t-on sa saveur ? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes.

Matthieu 5 :13

Le chrétien peut-il être fade ? Peut-il être mou ? Non. Le vrai Chrétien est prêt à prendre armure et épée pour libérer le tombeau de son Sauveur.

La paix ou le glaive? La réponse est claire

Le Christ est prince de la Paix. Mais encore une fois, c’est la vraie Paix, pas la paix au rabais, la paix qui ne coûte pas cher, pour laquelle on ne prend pas de risques. Cette paix ne se fait pas en gardant ses mains dans des gants. Elle blessera.

Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Je suis venu mettre en lutte le fils avec son père, la fille avec sa mère, et la belle-fille avec sa belle-mère. On aura pour ennemis les gens de sa propre maison.

Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi ; et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi, n’est pas digne de moi. Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. Celui qui sauvera sa vie, la perdra ; et celui qui perdra sa vie à cause de moi, la sauvera.

Matthieu 10:34

La venue du Christ n’est pas une arrivée dans du coton, et être chrétien, c’est se mettre là où les autres jettent des pierres, il faut savoir y répondre. Celui qui sauvera sa vie, c’est-à-dire celui qui ne prend pas de risque d’aller au combat et même d’y mourir, est voué à la mort véritable.

Jésus promet les flammes éternelles aux mauvais

Autre question qu’on peut se poser assez souvent, est-ce vraiment grave d’être mauvais? La miséricorde divine est-elle si grande qu’on peut même ne pas y penser ? Puis-je faire le mal et n’espérer au pire qu’une petite remontrance de Dieu arrivé au paradis ? Non, encore non.

Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. ‘’Avez-vous compris tout cela ?’’ Ils lui répondent : ‘’Oui’’.

Matthieu 13 :49

Jésus sait remettre ses amis à leur place

Pierre est peut-être l’apôtre qui a eu la postérité la plus grande, en tant que premier chef de l’Eglise. C’est aussi l’apôtre le plus impétueux, le plus impatient, le plus humain. Le Christ a donc eu besoin de bien rappeler à Pierre qu’il n’est que créature quand lui-même est Dieu, le fossé est indépassable.

Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : ‘’ Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes.’’

Marc 8:31

Le Christ pulvérise les pharisiens

Le Christ s’amuse avec ses victimes préférées. Sans aucune haine, il est toutefois obligé, à plusieurs reprises, d’utiliser la violence pour remettre à leur place ceux qui persistent dans l’erreur. En espérant qu’ils utilisent leur liberté humaine pour comprendre et croire… 

Le jour du sabbat

C’est d’abord alors qu’il mange avec ses disciples le jour du sabbat. Quelques pharisiens s’aventurent à lui faire remarquer que lui et ses disciples ne respectent pas la lettre de la Loi. Jésus garde son calme mais leur explique. 

N’avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui.  Comment il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de proposition, qu’il ne lui était pas permis de manger, non plus qu’à ceux qui étaient avec lui, mais aux prêtres seuls ? Ou n’avez-vous pas lu dans la Loi que, le jour du sabbat, les prêtres violent le sabbat dans le temple sans commettre de péché ?

Il s’éloigne et entre à la synagogue pour prier. Les pharisiens qui n’arrivent décidément pas à se contenir posent une question à la stupidité dont ils ont le secret : “est-il permis de guérir le jour du Sabbat ?” Encore une fois, il garde son calme et leur explique pourquoi il le fera et guérit allègrement toute la foule qui l’attend dehors. A nouveau, les pharisiens l’accusent de guérir par don démoniaque. Jésus hausse alors le ton une première fois.

Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi disperse.

La couleur est annoncée et l’avertissement continue. 

Race de vipères, comment pourriez-vous dire des choses bonnes, méchants comme vous l’êtes ? Car la bouche parle de l’abondance du cœur.

Matthieu 12:34
Le réquisitoire contre les scribes et les pharisiens

Jésus a décidé de passer la seconde vitesse contre les pharisiens et les scribes. Cette fois, il n’attend pas d’être provoqué pour réunir le peuple et faire expliquer le fond du problème des pharisiens. 

Les Scribes et les Pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent ; mais n’imitez pas leurs œuvres, car ils disent et ne font pas.

Matthieu, 23:2

S’ensuit une anaphore « Malheur à vous scribes et pharisiens ». Sa colère monte au fur et à mesure qu’il répertorie les torts de ceux qui veulent sa mort. 

Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, qui bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les monuments des justes, et qui dites : Si nous avions vécu aux jours de nos pères, nous n’aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes. Ainsi vous rendez contre vous-mêmes ce témoignage, que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. Comblez donc la mesure de vos pères! Serpents, race de vipères, comment éviterez-vous d’être condamnés à la géhenne ?

Matthieu, 23:29
L’expulsion des marchands du temple

L’épisode le plus fameux du bras de fer avec les pharisiens est la purification du Temple. Le Temple était le lieu de prière principal des juifs à Jérusalem. C’est le gros coup de gueule du Christ. Furieux de voir la maison de prière souillée par des marchands sous l’œil complice des pharisiens, il les anathématise sans vergogne, renverse leurs tables et leur bloque impitoyablement l’entrée. Le temps qu’ils déguerpissent tous, surpris par la Vérité qui ne prend pas de pincettes quand les hommes se trompent.

Ils arrivèrent à Jérusalem. Jésus étant entré dans le temple, se mit à chasser ceux qui vendaient et achetaient dans le temple, et il renversa les tables des changeurs, et les sièges de ceux qui vendaient des colombes, et il ne souffrait pas que personne transportât aucun objet à travers le temple. Et il enseignait, en disant : ” N’est-il pas écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations ? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. ” Ce qu’ayant entendu, les Princes des prêtres et les Scribes cherchaient les moyens de le faire périr ; car ils le craignaient, parce que tout le peuple admirait sa doctrine.

Matthieu, 21:12-13

Le message profond du Christ et de l’Eglise catholique est de mettre l’harmonie et la paix entre tous les hommes, mais c’est précisément parce que c’est le but ultime que c’est un but très exigeant, qui oblige à saigner, presque comme une purification. Nous sommes tous appelés à faire le bien par une saine virilité, la force tranquille qui frappe quand il faut frapper et caresse quand il faut caresser. (spoiler : il y a plus d’occasions de caresses que de coups)

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