Tugan Baranovsky et le Marketing Underground : enquête et avis

Tugan Baranovsky? Marketing Underground? Ces 4 mots ne vous disent probablement pas grand chose. Rassurez-vous, c’est normal.

 Tugan-Baranovsky, c’est d’abord le nom d’un économiste ukrainien du début du XXe siècle. Mais c’est aussi le pseudonyme utilisé par un jeune Français, “empereur du spam” autoproclamé, qui a intégré HEC avant de quitter l’école au bout de 3 mois, et qui se présente lui-même comme le “méchant sur Internet”. Quant au “Marketing Underground”, c’est le terme qu’il a inventé pour désigner les techniques de marketing “agressives” qui sont utilisées sur Internet. Vous savez, il s’agit des publicités au design douteux, qui vous proposent par exemple d’acheter des pilules miracle permettant de vous faire perdre 10 kilos en 15 jours…

 J’aborde dans cet article un sujet a priori insolite au regard du contenu habituel de mon site, mais je pense qu’on peut en fait en tirer un certain nombre d’enseignements.

NB : J’emploie beaucoup de termes anglais dans cet article, ce qui peut être agaçant, mais c’est inévitable pour s’approprier le vocabulaire du sujet que j’évoque.

 J’ai découvert Tugan Baranovsky (ou Bara) il y a quelques mois lorsque je me suis inscrit à sa formation “Revenus Exponentiels” (R-X), qui est son programme phare et tout public. Je ne connaissais pas grand chose à la vente sur Internet et au marketing, mais le sujet me paraissait intéressant, et l’abonnement ne coûtait que 10€ par mois. J’ai donc testé sans avoir d’attente particulière et j’ai été très agréablement surpris.

Tugan Baranovsky
Tugan Baranovsky, gourou autoproclamé du Marketing Underground

 En effet, alors que sa page de vente et son site ressemblent très clairement à une arnaque, il n’en est rien. La formation s’adresse principalement à des gens qui souhaitent générer des revenus sur Internet, mais on y apprend bien plus que ça, en particulier des mécanismes de psychologie humaine. Cette formation m’a permis de découvrir un microcosme que je ne connaissais pas, celui de la vente sur Internet (le “web-marketing”), et tout son vocabulaire spécifique : copywriting, tunnel de vente, upsell, affiliation, SEO, dropshipping, etc.

Tugan Baranovsky Bara
Le début de la page de vente de Tugan Baranovsky annonce clairement la couleur : il s’agit de marketing plus qu’agressif

 Je n’ai pas le temps ici de tout vous présenter, mais je vais préciser quelques notions qui me paraissent importantes.

 Commençons par spécifier quelle est l’activité exacte de Tugan Baranovsky. Nous pourrions la résumer de façon très provocante ainsi : il gagne 300 000€ par mois en vendant des PDF. 

 En réalité, (alors qu’il avait intégré l’expertise de Tugan Bara est le copywriting : c’est l’art de rédiger un texte faisant la promotion d’un produit à vendre. C’est une compétence relativement méconnue du grand public, mais qui est utilisée massivement par les meilleurs web-marketeurs.

Comment Tugan Baranovsky peut vendre très cher des produits sur Internet en mettant des mots sur une page

Etape 1 : le choix du produit

Les web-marketeurs comme Tugan Bara vendent généralement des produits basiques et très faciles à concevoir (ebook ou formation vidéo) qui se rattachent à 3 sujets (ou “niches”) principaux : les revenus sur Internet, la forme physique (perte de poids et entrainement sportif) et la séduction. Il s’agit de trois envies primaires des êtres humains, et ce sont donc les sujets les plus vendeurs.

Etape 2 : Le texte de vente

Il s’agit ensuite de rédiger un texte (généralement assez long) qui donne envie au lecteur d’acheter un produit : l’objectif du rédacteur (le copywriter) est d’être à la fois clair, divertissant et convaincant. Il emploie alors à plein régime tous les mécanismes de manipulation du cerveau humain, par exemple en créant une rareté et une urgence (parfois artificielles) autour de l’offre qu’il présente. Je vous conseille très vivement de lire l’excellent livre “Influence et Manipulation” de Robert Cialdini qui est une référence absolue en matière de manipulation mentale.

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Le livre de référence “Influence et Manipulation” de Robert Cialdini

Etape 3 : le tunnel de vente

Si le client achète, il rentre dans ce qu’on appelle un “tunnel de vente”, c’est-à-dire que sa commande n’est pas terminée, mais il est redirigé vers une page contenant un nouveau texte de vente où le vendeur lui propose un autre produit. Il s’agit d’un “upsell” ou un “OTO” (one-time-offer). Là, le client peut accepter ou refuser l’offre, et l’étape suivante peut être encore un autre upsell. Le vendeur peut ainsi créer autant d’étapes supplémentaires qu’il le souhaite, et la métaphore du tunnel de vente semble par conséquent bien adaptée. La particularité déconcertante des tunnels de vente est qu’à chaque étape, si on accepte le produit vendu en upsell, il est directement ajouté à notre commande, sans redemander une confirmation du panier!

Etape 4 : l’email marketing

Enfin, le vendeur monétise sur le “back-end” sa liste d’adresses email de clients ou de clients potentiels (des “leads”) par l’e-mail marketing. Il propose ainsi à toute sa liste email d’acheter d’autres de ses produits, ou éventuellement des produits d’autres web-marketeurs, qu’il vend en affiliation. Etre un affilié ou faire de l’affiliation pour un vendeur signifie “faire de la publicité pour un vendeur, en obtenant une commission sur les ventes générées grâce à la publicité”.

 Je vous ai brossé le trait général, en abordant rapidement chaque notion importante dans le web-marketing. Evidemment, dans sa formation, Tugan Bara explique tout cela en détail si cela vous intéresse. La question qui se pose est maintenant de savoir pourquoi je vous parle de ça. J’ai décidé de rédiger cet article car je pense que le monde du web-marketing a beaucoup de choses à nous apprendre.

1er enseignement : Les publicités qui ressemblent à de l’arnaque sont très lucratives

 Cet enseignement correspond surtout à une vérité méconnue. Combien de fois avons-nous vu passer des pubs telles que “Perdez 5 kilos en 12 jours grâce à cette molécule miracle” ou encore “Souhaitez-vous générer un revenu passif de 540€ par semaine?” ? Pendant longtemps, je me disais, probablement comme vous, que personne ne pouvait croire à ces promesses et cliquer sur ces publicités. C’est entièrement faux, et d’ailleurs les personnes qui sont à l’origine de ces publicités sont des professionnels qui maîtrisent très bien leur expertise.

2e enseignement : Il est possible de se monétiser facilement sur Internet

 La droite est pauvre, et tous les créateurs de contenu de droite subissent généralement la censure et ont une difficulté sans nom à se monétiser. Des organisations gauchistes qui veulent restreindre la liberté d’expression, tels que les “Sleeping Giants”, vont jusqu’à interpeller toutes les marques dont les publicités sont présentes sur des sites qui ne suivent pas l’idéologie dominante.

Très souvent, la droite ou la “fachosphère” ne peut que compter sur des dons pour se monétiser, mais les dons sont une très mauvaise source de revenus. Il pourrait être bien plus intéressant pour ces créateurs de contenu (qui disposent d’un large trafic) de promouvoir des produits qui sont idéologiquement connexes, en faisant de l’affiliation. Les formations payantes correspondant à ces critères sont peu nombreuses, mais j’en connais au moins trois : 

Toutes les organisations de droite qui ont besoin de se monétiser pourraient faire de l’affiliation pour ces formations, qui sont à chaque fois des contenus de très bonne qualité.

3e enseignement : Pour persuader un public, certains ressorts psychologiques sont très efficaces.

 Vendre un produit ou vendre une idée, ce n’est finalement pas si différent. Le cerveau humain est manipulable de la même façon dans les 2 cas, et des techniques de ventes peuvent être utilisées lorsqu’on fait la promotion d’idées politiques.

Je ne citerai qu’un seul exemple, dont j’ai déjà parlé dans mon article sur la communication de Trump : ce dernier sait créer des concepts, en évitant le vocabulaire générique, pour que les gens retiennent ce qu’il dit. De la même manière, les copywriters savent qu’il faut éviter les mots génériques mais plutôt formuler des concepts et créer des marques : ainsi, lorsque Tugan Bara veut vendre une formation sur l’acquisition de trafic par Whatsapp, il l’appelle le “Protocole Shenzhen”, ce qui la rend unique face à toute la concurrence qui pourrait vendre des produits similaires.

Lien vers la formation “Revenus Exponentiels” de Tugan Baranovsky

Revenus Exponentiels Tugan Bara
Un visuel de vente de la formation “Revenus Exponentiels”

 Pour conclure cet article, je vais appliquer mes propres enseignements en vous donnant un lien d’affiliation vers la formation phare de Tugan Baranovsky : les R-X (Revenus Exponentiels). Naturellement, vous découvrirez que cette page de vente est un parangon de ce que j’ai décrit : marketing agressif, grandes promesses, design qui évoque l’arnaque, etc. Par ailleurs, attention, il s’agit d’un tunnel de vente, qui par définition contient des upsells que vous ne pouvez accepter/refuser qu’une seule fois. 

Cependant, étant moi-même membre de cette formation, je peux vous garantir que si le sujet vous intéresse, vous en aurez pour votre argent. Et si vous êtes un militant de la cause nationale, vous y trouverez bon nombre d’enseignements fondamentaux pour votre communication, votre maîtrise des outils Internet, et éventuellement votre monétisation.

PS : Si par hasard, certains d’entre vous ont entendu parler des formations “Profits Mimétiques” ou “Copy Insider” de Tugan et que vous souhaitez avoir un avis, envoyez-moi un mail directement, et je vous répondrai !

Le site “Démocratie Participative .me”, multi-censuré : réflexions

 Longtemps connu sous les noms de domaine “democratie participative .biz” (lien désormais bloqué) ou “democratie participative .tw”, le site “Démocratie Participative” (DP) sévit désormais avec l’extension .me.

La question est : pour combien de temps? En effet, ce site fait très régulièrement l’objet de censure pour son contenu très ouvertement raciste et antisémite. Ces adjectifs sont par aillurs entièrement assumés par les administrateurs.

 L’objectif de cet article est de s’intéresser aux différents enseignements que l’on peut tirer de l’existence de ce site, des différents remous qu’il a créés et de sa (relative) censure.

Avertissement : Cet article est rédigé dans l’objectif de faire des tests avec le référencement de Google.

Présentation du site “Démocratie Participative” 

Sur sa page d’accueil, le site “Démocratie Participative” annonce qu’il “rassemble les hommes et les femmes soucieux de défendre et promouvoir les valeurs démocratiques et humanistes conformément à l’idéal de justice sociale qui l’anime”. En réalité, cela ne correspond pas exactement à l’esprit de ce site “bouddhiste”…

 Démocratie Participative existe depuis 2016 et s’inspire très largement de “The Daily Stormer”, qui est désormais son équivalent aux Etats-Unis. DP est un site qui se proclame ouvertement raciste, antisémite et homophobe, et qui réagit à l’actualité en publiant chaque jour plusieurs articles au contenu exagérément outrancier. Comme son homologue américain, il fait régulièrement référence à l’Allemagne national-socialiste en des termes élogieux, et arbore une esthétique “fashwave”.

 DP publie également des émissions hebdomadaires, ou podcasts, de 2 à 3h, dont le contenu est sensiblement analogue aux articles. Je ne m’étendrai pas sur la ligne éditoriale du site, puisque le lecteur pourra y accéder lui même en suivant le lien actuel “democratie participative .me”. L’unique page du site qui ne recourt pas au vocabulaire grossier et volontairement excessif est la page annonçant que DP rejette toute forme de violence.

 L’administrateur principal du site est très probablement le breton Boris Le Lay, militant nationaliste exilé au Japon, et condamné à plusieurs années de prison en France pour certaines de ses prises de position publiques. 

Boris Le Lay democratie participative site
Le blogueur nationaliste Boris Le Lay, au Japon où il est exilé

L’audience du site “Démocratie Participative”

Maintenant que le site a été présenté, il est temps de se demander quelle est son influence réelle. Selon le site SimilarWeb, l’audience de “democratieparticipative.me” a dépassé les 600 000 visiteurs en février 2020. A titre de comparaison au sein de la “fachosphère”, c’est plus que TV Libertés (environ 550 000 visiteurs) et un peu moins que Riposte Laïque (environ 800 000 visiteurs).

Il semblerait donc que le site de Boris Le Lay ne soit pas aussi négligeable qu’on puisse le penser au premier abord. Lorsqu’on atterrit pour la première fois sur le site, c’est un choc. Le gouffre entre son contenu et ce qu’on est généralement autorisé à dire sur Internet est gigantesque.

C’est probablement, au-delà du ton ultra-cynique, ce qui fait le succès de DP. Ses lecteurs sont des personnes qui se sentent en décalage radical avec l’idéologie dominante, et qui trouvent un exutoire dans ce blog.

De son côté, la stratégie de Boris Le Lay est de décaler la fenêtre d’Overton vers la droite. Il est évident que depuis 70 ans, la fenêtre d’Overton ne cesse de se décaler vers la gauche. De ce fait, certains mots sont devenus extrêmement sensibles, et certaines idées sont impossibles à tenir en public pour éviter l’exclusion sociale. Dans une démarche très choquante pour les gens habitués à l’idéologie dominante, Boris Le Lay a choisi volontairement, sans aucune finesse, de mener le combat méta-politique à son niveau.

La censure et les nouveaux noms de domaine successifs

Naturellement avec une telle audience, le site de Boris Le Lay a attiré l’attention de certaines associations telles que la Dilcrah. Ainsi, après de multiples plaintes à son encontre, le 27 novembre 2018, le tribunal de grande instance de Paris a ordonné le blocage du site Internet “Démocratie Participative .biz” auprès des fournisseurs d’accès à Internet (Free, Orange, Bouygues Telecom,…). A ce moment-là, le site était connu sous le nom de domaine democratieparticipative.biz. Mais le site en lui-même ne pouvait pas être bloqué, seulement son accès au nom de domaine “democratie participative biz”.

Dès le premier décembre, le site a été recréé avec une nouvelle URL. C’est alors qu’un jeu du chat et de la souris commence entre la justice française et DP. Le site prétendument bouddhiste change très régulièrement de nom de domaine :

  • le site existait longtemps sous le nom de domaine “democratie participative biz”
  • En décembre 2018, il est redirigé vers le nom de domaine en .online, et rapidement en .site
  • En janvier 2019, il bascule sous l’extension .website
  • Au cours des mois suivants, le nom de domaine finira par .host, .best, et .club.
  • En août 2019, le nouveau nom de domaine est “democratie participative .tw”.
  • Récemment, il semblerait qu’il soit accessible via “democratie participative .me”.

 Le nouveau nom de domaine du site est systématiquement censuré par les moteurs de recherche. Cependant, il reste toujours accessible en 3 clics par le compte VK de DP, premier résultat sur Google.

Une censure impossible? Les mécanismes de protection mis en place.

Pour se protéger contre la censure, le site de Boris Le Lay est hébergé aux Etats-Unis, où la liberté d’expression est protégée par le premier amendement. Par ailleurs, l’adresse IP du site renvoie vers une société américaine qui permet l’anonymisation du véritable serveur sur lequel le site est hébergé. 

Démocratie Participative a mis en place d’autres mécanismes de protection, telle qu’une adresse avec l’extension .onion. C’est un lien vers une adresse Internet du darkweb, les sites qui sont accessibles via Tor et qui ne sont pas référencés sur les moteurs de recherche classiques. Déjà avec l’extension en .biz (democratie participative .biz), les rédacteurs de DP étaient très au fait des problématiques d’anonymat sur Internet. Ils publient régulièrement des articles pour donner des conseils d’anonymisation de ses lecteurs ou des recommandations de VPN à utiliser. Le site “bouddhiste” de Boris Le Lay semble se financer par des dons en Monero, qui est une cryptomonnaie anonyme et intraçable, contrairement au Bitcoin.

L’ordre dans la charité selon l’Eglise catholique

Y a-t-il un ordre dans la charité selon l’Eglise catholique?

A l’heure où, au nom de la charité chrétienne, le pape François est l’un des principaux promoteurs de l’invasion migratoire venue du Sud, cette question est plus que jamais légitime.

En réalité, la position de l’Eglise catholique sur le sujet est très claire depuis 2000 ans : il y a un ordre dans la charité, qui s’applique d’abord à sa famille (son père et sa mère, notamment), puis à ceux avec qui on partage un lien particulier (la patrie par exemple), puis seulement aux autres. Il s’agit donc de porter secours prioritairement à ceux qui nous sont proches, s’ils en ont besoin, avant de chercher à aider l’inconnu à l’autre bout du monde.

Cet ordre ou hiérarchie dans la charité est annoncé clairement dès le quatrième des 10 commandements :

“Tu honoreras ton père et ta mère”

Ce commandement est précisé dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, aux paragraphes 2197 à 2199 : 

2197 Le quatrième commandement ouvre la seconde table. Il indique l’ordre de la charité. Dieu a voulu qu’après Lui, nous honorions nos parents à qui nous devons la vie et qui nous ont transmis la connaissance de Dieu. Nous sommes tenus d’honorer et de respecter tous ceux que Dieu, pour notre bien, a revêtus de son autorité.

2198 Ce précepte s’exprime sous la forme positive de devoirs à accomplir. Il annonce les commandements suivants qui concernent un respect particulier de la vie, du mariage, des biens terrestres, de la parole. Il constitue l’un des fondements de la doctrine sociale de l’Église.

2199 Le quatrième commandement s’adresse expressément aux enfants dans leurs relations avec leurs père et mère, parce que cette relation est la plus universelle. Il concerne également les rapports de parenté avec les membres du groupe familial. Il demande de rendre honneur, affection et reconnaissance aux aïeux et aux ancêtres. Il s’étend enfin aux devoirs des élèves à l’égard du maître, des employés à l’égard des employeurs, des subordonnés à l’égard de leurs chefs, des citoyens à l’égard de leur patrie, de ceux qui l’administrent ou la gouvernent.

Ce commandement implique et sous-entend les devoirs des parents, tuteurs, maîtres, chefs, magistrats, gouvernants, de tous ceux qui exercent une autorité sur autrui ou sur une communauté de personnes.

Dans son encyclique Summi Pontificatus (1939), Pie XII évoque explicitement l’ordre de la charité établi par Dieu : 

“Il existe un ordre établi par Dieu, selon lequel il faut porter un amour plus intense et faire du bien de préférence à ceux à qui l’on est uni par des liens spéciaux. Le Divin Maître lui-même donna l’exemple de cette préférence envers sa terre et sa patrie en pleurant sur l’imminente destruction de la Cité sainte.”

Le fait de prendre soin de ses proches est une règle absolument essentielle pour les catholiques, que l’on retrouve dans la Première lettre de saint Paul apôtre à Timothée, Chapitre 5, Verset 8 (Nouveau Testament) : 

“Si quelqu’un ne s’occupe pas des siens, surtout des plus proches, il a renié la foi, il est pire qu’un incroyant.”

La lettre encyclique Sapientiae christianae de Léon XIII met en avant l’attachement naturel et nécessaire des gens à leur patrie :

« La loi naturelle nous ordonne d’aimer d’un amour de prédilection et de dévouement, le pays où nous sommes nés et où nous avons été élevés en sorte que le bon citoyen ne craint pas d’affronter la mort pour sa patrie. »

“L’amour surnaturel de l’Eglise et l’amour naturel de la patrie procèdent du même éternel principe. Tous les deux ont Dieu pour auteur et pour cause première; d’où il suit qu’il ne saurait y avoir entre les devoirs qu’ils imposent de répugnance ou de contradiction.”

Pie XI évoque même la race, en tant que groupe avec qui on partage des liens privilégiés, dans sa lettre encyclique Ubi Arcano Dei, 30 décembre 1922 :

Cet amour même de sa patrie et de sa race, source puissante de multiples vertus et d’actes d’héroïsme lorsqu’il est réglé par la loi chrétienne.”

Déjà il y a plusieurs siècles, les docteurs de l’Eglise nous livraient les mêmes enseignements, par exemple Saint-Augustin, dans Doctrine chrétienne, Livre 1, Chapitre 28 : 

“On doit un égal amour à tous les hommes; mais comme il nous est impossible de faire du bien à tous, il faut consacrer de préférence nos services à ceux qu’en raison, des temps, des lieux, ou de toute autre circonstances, le sort nous a en quelque sorte plus étroitement unis. Car si vous aviez un superflu, dont il faudrait gratifier l’indigence, sans pouvoir en faire deux parts, et que vous rencontriez deux malheureux dont aucun ne pourrait se prévaloir da litre d’une misère plus profonde ou d’une amitié plus intime, rien de plus juste alors que de déterminer par le sort celui à qui vous devriez donner ce qu’il vous serait impossible d’accorder aux deux en même temps ; ainsi en est-il à l’égard des hommes ; ne pouvant étendre vos faveurs à tous, regardez comme vous étant désignés par le sort ceux que les circonstances de cette vie vous rattachent par des liens plus étroits.”

Saint Thomas rappelle l’importance que revêt pour un homme son ascendance et da patrie, dans la Somme théologique, IIa, IIae, question 101, article 1 :

“Après Dieu, l’homme est surtout redevable à ses père et mère et à sa patrie. En conséquence, de même qu’il appartient à la religion de rendre un culte à Dieu, de même, à un degré inférieur, il appartient à la piété de rendre un culte aux parents et à la patrie. D’ailleurs, le culte des parents s’étend à tous ceux de la même ascendance […]. Or, dans le culte de la patrie est compris le culte de tous les concitoyens et de tous les amis de la patrie. C’est pourquoi la piété s’étend à ceux-là par priorité.”

J’ajoute enfin 2 autres citations de papes, qui vont toujours dans le même sens d’un ordre de la charité bien établi.

Lettre du 15 juillet 1919 du Pape Benoît XV : 

« Si la charité s’étend à tous les hommes, même à nos ennemis, elle veut que soient aimés par nous d’une manière particulière ceux qui nous sont unis par les liens d’une commune patrie »

Saint Pie X, Allocution « Nous vous remercions », 19 avril 1909 :

“Si le catholicisme était ennemi de la patrie, il ne serait plus une religion divine.

Elle est digne non seulement d’amour, mais de prédilection, la patrie, dont le nom sacré éveille dans votre esprit les plus chers souvenirs et fait tressaillir toutes les fibres de votre âme, cette terre commune où vous avez eu votre berceau, à laquelle vous rattachent les liens du sang et cette autre communauté plus noble, des affections et des traditions.”

La conclusion est donc très claire : la charité se conçoit par cercles concentriques et de manière hiérarchisée. En cette période de chaos généralisé pour l’Occident, qui subit une décomposition à tous égards, et une submersion migratoire grandissante, il est bon de rappeler les enseignements millénaires de l’Eglise catholique. Nous devons prendre soin des nôtres dans un premier temps, parents, famille, amis, patrie, avant de nous préoccuper des autres.

5 secrets de communication de Trump

Si Donald Trump a réussi à devenir président des Etats-Unis contre toute attente, ce n’est certainement pas dû au hasard : c’est en particulier grâce à sa communication bien plus calculée qu’il n’y paraît. Alors que personne ne le prenait au sérieux pendant bien longtemps, Donald Trump a employé de très nombreuses techniques de marketing qui ont aidé à façonner son succès.

 Dans cet article, nous allons étudier 5 secrets utilisés par Donald Trump pour convaincre, se vendre, et aussi faire parler de lui.

1 – L’exagération

La première spécificité de Trump est son usage constant de l’exagération, de l’hyperbole et parfois de l’outrance. Il n’a jamais peur d’aller trop loin : chaque réussite est pour lui une “victoire historique”, chaque échec de ses adversaires est un “désastre”, et il semble battre tous les records.

Ce langage de l’excès se retrouve notamment dans ses tweets, mais également dans ses discours. Selon un article d’octobre 2019, on trouve plus de 1200 mentions aux mots “biggest”, “best” et “smartest” sur son fil Twitter.

Cette exagération constante dans ses prises de positions donne à Trump l’image d’un président sûr de lui, qui sait où il va, et qui est convaincu d’amener l’Amérique au sommet.

Donald Trump communication tweet
Un exemple de tweet caractéristique de Trump qui joue sur l’excès sans trembler

Dans le domaine du marketing pur, l’un des maîtres en la matière était Steve Jobs, qui faisait passer chaque nouveau produit pour une incroyable innovation. La conférence où il présente le premier iPhone en est une bonne illustration.

2 – Créer des concepts

Trump excelle dans l’art de créer des concepts, des expressions précises, qu’il arrive à imposer à tous, y compris à ses adversaires. Pour être efficace, il utilise des expressions et des mots courts, simples et concrets.

Quand il veut expliquer qu’il souhaite sécuriser la frontière avec le Mexique et protéger le pays contre l’immigration illégale, il fait très simple : “Build The Wall”. Pour expliquer qu’il veut se débarrasser des problèmes de corruption et régler les problèmes de l’Etat fédéral, il utilise pendant des mois l’expression “drain the swamp” (qui signifie littéralement “assécher le marais”).

 Trump arrive de la même manière à dominer symboliquement ses opposants en les affublant de surnoms simples et efficaces qu’il emploie constamment : Hillary Clinton était devenue dans sa bouche “Crooked Hillary” (Hillary la tordue). Il fait de même avec ses adversaires démocrates actuels : Sleepy Joe Biden, Crazy Bernie, Mini-Mike (Bloomberg), Elizabeth “Pocahontas” Warren.

3 – L’amusement

Les surnoms que nous venons de citer, tout comme une bonne part des procédés qu’il emploie, rendent Donald Trump très distrayant et drôle. Ses interventions orales sont parfois amusantes, et elles font ainsi l’objet de vidéos de compilation des “Best Trump Moments” sur Youtube. 

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Une opération de communication “trumpienne” amusante sur Twitter

 Trump sait être extrêmement taquin, et il en profite particulièrement sur Twitter, où il n’hésite pas à publier des montages photos ou vidéos drôles, comme il l’a fait récemment avec un montage vidéo où il ridiculise Mike Bloomberg dans l’univers de Star Wars. 

4 – Opérations “publicité gratuite”

De même qu’il agit souvent comme un “troll” sur son compte Twitter, Donald Trump sait mettre en place des opérations de communication qui lui assurent à la fois d’avoir la main sur le débat du moment, et d’obtenir de la publicité gratuite. En effet, ce sont généralement des opérations qui font parler d’elles, par leur caractère extravagant.

C’est par exemple le cas de l’opération “Send-Nancy-a-brick” qui propose aux donateurs de la campagne de Trump de payer pour envoyer des fausses briques au bureau de Nancy Pelosi, démocrate opposée au mur et présidente de la Chambre des représentants.

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Visuel de l’opération “Send-Nancy-a-brick” permettant d’obtenir des dons pour la campagne de Trump

5 – Sentiment communautaire et antagonismes

Les humains ont un besoin très fort d’appartenance, ils ont besoin de sentir qu’ils sont partie prenante d’une communauté, ou d’une grande “famille”. Trump l’a bien compris et les casquettes ou produits dérivés MAGA (“Make America Great Again”) permettent à ses soutiens de répondre à ce besoin : en portant cette casquette rouge, ils savent qu’ils font partie de la grande communauté Trump. Son vocabulaire et ses expressions, que nous avons évoqués plus haut, agissent dans le même sens quand ils sont repris par ses partisans.

 Trump raffermit encore ce sentiment en créant régulièrement des antagonismes : “nous contre eux”. “Eux”, ce sont tous les adversaires à Trump et aux intérêts des Américains, c’est donc alternativement les élites, les médias “fake news”, la Chine, les lobbyistes, l’immigration, “l’Etat profond” américain. Le fait de les attaquer de façon virulente permet de créer une opposition nette et de consolider ses soutiens, c’est-à-dire la communauté ou la tribu des partisans de Trump.

Conclusion

 Alors que l’élection de Trump répondait à un besoin profond du peuple américain, c’est en partie grâce à une communication très intelligente (puisqu’elle fonctionne) que le président actuel des Etats-Unis a pu être élu. Les prochains mois nous diront si ces techniques de marketing vont payer une deuxième fois.

En attendant, il peut être intéressant d’avoir à l’esprit les secrets de communication de Trump et d’en tirer des enseignements pour la droite française, bien à la traîne sur ce sujet…

Nassim Taleb ne comprend rien au QI (réponses à son article)

En janvier 2019, Nassim Taleb a écrit un article censé remettre en cause la pertinence du QI, qu’il a appelé “IQ is Largely a Pseudoscientific Swindle“. L’audience de Taleb étant considérable, son article a eu un impact non négligeable, et a donné à beaucoup de profanes une opinion tranchée sur le sujet du QI, ou quotient intellectuel. Le problème, c’est que Nassim Taleb ne semble rien connaître à l’état de la science sur cette question, ni au sens exact de cette notion. (J’ai écrit un article détaillé sur la définition du QI et de l’intelligence, que je vous invite à lire.)

Nassim Nicholas Taleb est un ancien trader libano-américain, devenu également essayiste et statisticien. Il est à l’origine de concepts intéressants et célèbres, tels que celui de cygne noir ou d’antifragilité. Taleb est également connu pour ses points de vues tranchés, son comportement provocateur, et ses opinions controversées. Ce comportement fait de lui un personnage clivant et polarisant, génie anti-conformiste pour les uns, et agitateur sur-coté pour les autres.

Il ne s’agit pas ici de juger son oeuvre ou l’ensemble de ses contributions intellectuelles, mais seulement de s’intéresser à son article sur le QI. En réalité, de très nombreuses réponses à son article existent déjà, et je ne vais donc pas répondre en détail à chacun de ses arguments.

Taleb est-il un “IYI” ?

Commençons simplement pas remarquer les point suivants, accessibles à tous, pour les lecteurs qui se laisseraient berner par son verbiage mathématique et son ton péremptoire :

  • Taleb ne cite quasiment aucune étude pour appuyer son propos, affirmant des vérités générales sur l’avis des psychométriciens, qui s’avèrent pourtant non conformes à la réalité.
  • En effet, Taleb ne semble pas connaître la base de la littérature consacrée à l’intelligence humaine et le QI. Pourquoi suppose-t-il par exemple que ceux qui utilisent des moyennes nationales de QI ignorent les variances associées ?
  • La structure de l’article est extrêmement absconse, et Taleb mélange allègrement les provocations ad hominem, les préoccupations moralisantes, les affirmations non justifiées et, tout de même, les considérations mathématiques. (Ces dernières sont réfutées dans les articles cités plus bas.)
  • Le fait que Taleb utilise des mathématiques que vous ne comprenez pas ne fait pas de son article une démonstration rigoureuse de sa position.
  • Son article a été publié sur un blog, sans être validé par un seul psychométricien. En réalité, Taleb n’est pris au sérieux par aucun spécialiste de la question du QI.
  • Taleb ne répond pas à ses contradicteurs, au contraire il les insulte sur Twitter avant de les bloquer.

En refusant strictement d’accorder une seule ligne au débat en bonne et due forme avec ses contradicteurs, Taleb semble être un parfait exemple de ce qu’il appelle lui un même un “IYI”, “intellectual yet idiot”, c’est-à-dire une personne supposément intelligente, mais inadaptée à la “vie réelle”. Qui plus est, son article regorge de jargonnage statisticisant et de néologismes personnels qui le rendent incompréhensible à la majorité de ses lecteurs. Mais vous êtes priés de croire que seuls les psychométriciens sont des autistes, certainement pas le grand Nassim Nicholas Taleb.

Les réponses à Taleb

Voici une liste de réponses détaillées à l’article sur le QI de Nassim Taleb :

J’ai hésité à en faire une traduction, mais les lecteurs de Taleb sont a priori anglophones, donc cela ne me semble pas nécessaire.

Je vous indique donc à lire toutes ces réponses, si l’article de Nassim Taleb vous a rendu sceptique sur la question du QI. Par ailleurs, je vous renvoie à nouveau vers mon article de définition de ce que sont le QI et l’intelligence, de façon simple et précise.

Immigration et délinquance : 10 preuves

Y a-t-il un lien entre immigration et délinquance? La criminalité est-elle plus fréquente chez les populations d’origine étrangère qu’auprès des Français sans ascendance extra-européenne?

Contrairement aux Etats-Unis où les statistiques raciales sont publiées et accessibles très facilement, le tabou des statistiques ethniques en France rend difficile l’étude de ce phénomène. Pourtant, quand on creuse réellement, on découvre qu’il existe des dizaines de chiffres permettant d’affirmer sans équivoque que la surdélinquance des individus d’origine étrangère existe.

Précisons pour commencer que la surdélinquance se retrouve à la fois auprès des étrangers, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas la nationalité française, et auprès des immigrés ou descendants d’immigrés d’ascendance extra-européenne (majoritairement africaine également).

 Il ne s’agit pas ici d’évoquer les causes ce phénomène (même si nous verrons rapidement que le facteur social n’est pas une bonne explication) mais simplement de faire un constat rationnel à partir des chiffres. Voici donc 10 preuves du lien entre immigration et délinquance.

Preuve 1 : la surreprésentation de la criminalité étrangère selon le Ministère de l’Intérieur

En janvier 2019, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) a publié sa 3e édition du bilan statistique « Insécurité et délinquance » pour l’année 2018. C’est une analyse des faits de délinquance enregistrés par la police et la gendarmerie en 2018.

On y trouve pour les différents types de crimes et délits le pourcentage d’étrangers mis en cause. Bien entendu, les immigrés et descendants d’immigrés ne rentrent pas dans cette catégorie. Ainsi, alors que les étrangers représentent environ 6% de la population française, ils représentent : 

  • 16% des mis en cause pour homicides
  • 15% des mis en cause pour coups et blessures volontaires
  • 14% des mis en cause pour violences sexuelles (viols, tentatives de viol et agressions sexuelles)
  • 17% des mis en cause pour vols avec armes
  • 32% des mis en cause pour vols violents sans armes
  • 27% des mis en cause pour vols sans violence
  • 27% des mis en cause pour cambriolages
  • 26% des mis en cause pour vols d’accessoires et dans les véhicules
  • 14% des mis en cause pour “escroqueries et infractions assimilées”

Par ailleurs, alors que les étrangers originaires de pays d’Afrique correspondent à 3% de la population vivant en France, ils représentent : 

  • 9% des mis en cause pour coups et blessures volontaires
  • 11% des mis en cause pour vols avec armes
  • 24% des mis en cause pour vols violents sans armes
  • 17% des vols sans violence contre les personnes
  • 13% des mis en cause pour cambriolage
  • 18% des mis en cause pour vols d’accessoires et dans les véhicules
  • 8% des mis en cause pour escroqueries et infractions assimilées

On peut conclure de ces chiffres que les étrangers sont en moyenne 3 fois plus souvent mis en cause pour homicides que les Français, et 8 fois plus souvent mis en cause pour vols violents sans armes.

Preuve 2 : le pourcentage d’étrangers parmi les mis en causes selon l’ONDRP

Chaque année, l’ONDRP publie un rapport annuel. De 2009 à 2013, on trouvait dans ce rapport le pourcentage d’étrangers parmi les mis en cause pour crimes et délits non routiers (hors infractions à la législation pour les étrangers), par la police. Voici les chiffres qu’on obtenait : 

  • 2009 : 15,7%
  • 2010 : 16,4%
  • 2011 : 17,9%
  • 2012 : 18,6%
  • 2013 : 20,2%

A partir de 2014, alors que la proportion d’étrangers mis en cause augmentait d’environ 1% chaque année, le chiffre n’est plus publié dans le rapport annuel. Par ailleurs, l’ONDRP va même disparaître d’ici la fin de l’année 2020, selon un communiqué récent.

Preuve 3 : l’étude de Hugues Lagrange sur la criminalité par origine ethnique

En 2010, le sociologue Hugues Lagrange publie “Le déni des cultures”, un ouvrage qui jette un pavé dans la mare puisqu’il ose pour une fois étudier le facteur culturel (et non le facteur social inconditionnellement invoqué par la gauche) pour expliquer les problèmes posés par l’immigration et son intégration, notamment la délinquance. Lagrange a effectué une enquête auprès de plus de 4500 adolescents habitant dans les quartiers sensibles d’Ile-de-France, dans le XVIIIe arrondissement et dans la périphérie de Nantes. Sa conclusion est très claire : A statut social égal, « les adolescents éduqués dans des familles (originaires de pays) du Sahel sont trois à quatre fois plus souvent impliqués comme auteurs de délits que les adolescents élevés dans des familles autochtones; et ceux qui sont éduqués dans des familles maghrébines, deux fois plus ».

Sources :

  • Lagrange Hugues. Déviance et réussite scolaire à l’adolescence. In: Recherches et Prévisions, n°88, 2007. pp. 53-70.
  • Hugues Lagrange, 2010, Le déni des cultures, Paris, Seuil

Preuve 4 : l’étude de Sebastian Roché sur le lien entre immigration et délinquance

L’enquête de délinquance autorapportée conduite en 2000 par M. Sebastian Roché et publiée dans La Revue Internationale de Criminologie apporte également des chiffres sur le sujet de la délinquance des jeunes d’origines étrangère en France :

  • Les jeunes d’origine maghrébine sont presque deux fois plus nombreux que les Français autochtones à commettre plus de dix actes peu graves.
  • Les jeunes d’origine maghrébine sont presque trois fois plus nombreux que les Français autochtones à commettre plus de trois actes graves.
  • 68% des délits peu graves sont commis par des adolescents dont un parent ou les deux sont nés en France.
  • 32% des actes peu graves sont commis par des personnes dont les deux parents sont nés hors de France. 
  • 54% des actes graves sont commis par des adolescents dont un ou deux parents sont nés en France.
  • 46% des actes graves sont commis par des jeunes dont les deux parents sont nés hors de France
  • Les jeunes d’origine étrangère ne sont pas l’objet d’un contrôle policier plus fort dès lors qu’on contrôle le nombre de délits commis.

Les chiffres de Sebastian Roché sont également utilisés dans un rapport de la commission d’enquête sur la délinquance des mineurs, et nous les reprenons ci-dessous :

Actes peu graves commis suivant les origines ethniques
Actes graves commis suivant les origines ethniques

Source : Sebastian Roché. Ethnicité et délinquance des jeunes en France : Une question politique à la lumière des résultats d’une enquête auto-déclarée. Revue Internationale de Criminologie et de Police Technique et Scientifique, Polymedia Meichtry SA 2004, pp.3-28. 

Preuve 5 : l’étude de Roché et Dagnaud sur les dossiers judiciaires dans l’Isère

 Selon l’étude menée entre 1985 et 2000 sur les dossiers du tribunal de Grenoble par des chercheurs du CNRS : les Français autochtones sont 2 fois plus victimes de faits graves qu’ils n’en sont les auteurs. Les Africains d’origine (Afrique du Nord et subsaharienne) sont auteurs de faits graves trois fois plus qu’ils n’en sont victimes.

L’étude montre également que 66,5% des mineurs jugés ont un père né à l’étranger (pour 49,8% dans un pays du Maghreb), et 60% ont une mère née à l’étranger.

Ces résultats font donc apparaître une très large sur-délinquance des jeunes issus de l’immigration, puisqu’en 1999 selon l’Insee, l’Isère n’est pas un département particulièrement marqué par l’immigration : celle-ci représente 6,1 % de la population. Deux tiers des mineurs délinquants sont d’origine étrangère alors qu’ils représentent une proportion largement minoritaire.

Notons aussi que selon les études de Roché, l’origine sociale n’explique pas tout. «Certes, 80% des jeunes délinquants d’origine maghrébine ont des parents ouvriers ou employés, souligne-t-il. Mais, à niveau socio-économique équivalent, les enfants d’immigrés sont plus délinquants que les autres. L’échec scolaire et un rapport difficile à l’autorité représentent des facteurs déterminants.» 

Ainsi, même chez les enfants de cadres supérieurs sans enjeu de précarité, il y a davantage de comportements délictueux chez ceux dont un parent serait né sur le continent africain par exemple.

Source : Dagnaud M., Roché S. (2003), Mineurs et justice : Analyse des dossiers judiciaires des auteurs mineurs de délits graves jugés dans l’Isère de 1985 à 2000, rapport de recherche pour France 5, Grenoble, CERAT-PACTE, 25 p.

Preuve 6 : le fichier Canonge sur les statistiques ethniques de la criminalité en France

Le Système de traitement des infractions constatées (STIC) est un fichier de police informatisé français du ministère de l’Intérieur regroupant les informations concernant les auteurs d’infractions interpellés par les services de la police nationale. Dans le cadre du STIC, le logiciel Canonge permet de rassembler dans un même fonds documentaire le signalement des auteurs d’infractions, comprenant en particulier des renseignements sur la couleur des yeux ou des cheveux, la présence de signes particuliers, les photos anthropométriques, ainsi que le type ethnique.

 On sait qu’en 2006 à Paris, le fichier Canonge comprenait environ 103 000 hommes, dont 29% de Nord-Africains et 19% de Noirs, mais seulement 37% de Blancs. Le lien entre immigration et délinquance est ici très clair.

Preuve 7 : l’origine ethnique des détenus selon l’INSEE 

 Une étude publiée par l’INSEE en 2000 pointe notamment du doigt la criminalité maghrébine en France, où près de 40% des détenus avaient un père né à l’étranger ou dans les anciennes colonies, et un quart dans un pays du Maghreb.

Les hommes nés à l’étranger sont également deux fois plus nombreux en prison que dans l’ensemble de la population : 24 % contre 13 %. C’est particulièrement le cas des hommes nés au Maghreb, qui représentent 11,6% de la population carcérale mais seulement 5,4% de la population.

Source : Francine Cassan, Laurent Toulemon et Annie Kensey, « L’histoire familiale des hommes détenus », Insee Première, Insee, no706,‎ avril 2000, p. 1-4

Preuve 8 : le pourcentage de détenus musulmans

L’un des chiffres qui fait souvent débat, et qui est lié à la question de le délinquance provenant de l’immigration, est le pourcentage de musulmans parmi les détenus dans les prisons françaises. Un article publié dans le Washington Post en 2008 estimait que “60% à 70%” des détenus étaient musulmans en France. Ce chiffre était repris la même année par Le Monde dans un article.

Le sociologue Farhad Khosrokhavar avançait des chiffres du même ordre de grandeur dans son ouvrage “L’islam dans les prisons” paru en 2004. On pouvait y lire que dans les prisons françaises, le taux de prisonniers musulmans dépassait souvent les 50 %, avoisinant parfois les 70 %, voire les 80 % dans les prisons proches des banlieues, soit huit prisonniers sur dix”. Lors d’une Commission d’enquête sur la surveillance des filières et des individus djihadistes en février 2015, Khostokhavar réaffirmait son avis sur la disproportion considérable existant entre le pourcentages de musulmans dans la population et dans les prisons :

“Lorsque j’ai évoqué, en 2004, la fourchette de 40 à 60 % de détenus musulmans, cela a créé un tollé, car ni l’administration pénitentiaire ni l’opinion publique n’avaient d’idée à ce sujet : pour la première fois, on pointait du doigt un phénomène de société massif, qui avait échappé à la vigilance des uns et des autres. En réalité, peu importe le chiffre exact : ce qui compte, c’est la disproportion entre le nombre de musulmans dans les prisons et les 7 à 8 % de personnes qui se réclament de l’islam en France. Nous pourrions connaître le chiffre exact si nous avions la possibilité de mener des enquêtes statistiques exhaustives en France, mais la loi ne nous y autorise pas.” 

Source : Commission d’enquête sur la surveillance des filières et des individus djihadistes (Mardi 10 février 2015). Audition, ouverte à la presse, de M. Farhad Khosrokhavar, directeur de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales

Cela paraît donc difficile d’avoir un chiffre précis, mais on peut au moins avoir une borne inférieure : en effet, dans une lettre de septembre 2018, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avançait que un détenu sur quatre (25,81% de la population écrouée hébergée à cette période) avait fait la démarche de s’inscrire au dispositif de restauration adapté pendant le mois de ramadan.

Ce chiffre est donc une estimation minimale de nombre de détenus musulmans, car un certain nombre de musulmans ne s’inscrivent pas au dispositif, comme le confirme Samia El Alaoui, aumônière musulmane interrégionale des prisons du Nord, qui rattrape “les non-inscrits en leur distribuant quand même des colis de rupture de jeûne”, avec son mari Hassan. Elle estime que sur le plan des colis, “on dépasse de 15 à 20% les chiffres des inscrits”.

Preuve 9 : le pourcentage de détenus étrangers

Une autre preuve du lien entre immigration et délinquance est le nombre de détenus de nationalité étrangère en France. Les données du ministère de la Justice révèlent que 22% des détenus sont étrangers : 14.964 ressortissants étrangers sont détenus dans les prisons françaises, sur un total de 69077 détenus au 1er février 2017. Parmi eux, quatre pays d’origine rassemblent 42% de l’ensemble des ressortissants étrangers. Il s’agit de l’Algérie (1954 détenus), du Maroc (1895), de la Roumanie (1496) et de la Tunisie (1102). 

Preuve 10 : les viols à Paris selon l’ONDRP

L’étude intitulée “Les viols commis à Paris en 2013 et 2014 et enregistrés par les services de police”, effectuée par l’ONDRP, porte sur sur un échantillon de 688 viols commis dans la capitale et qui ont fait l’objet d’une plainte. Parmi les mis en cause dans les affaires de viols sur majeurs dont la nationalité est connue, 52% sont de nationalité étrangère. Concernant les viols sur mineurs, la part d’étrangers est de 22%. Ces pourcentages considérables sont à comparer avec la part de la population de nationalité étrangère en France, qui est de 6%!

Notons tout de même que ces statistiques se basent uniquement sur les viols déclarés aux autorités, qui sont une minorité des viols. Rappelons également que ces statistiques ne nous permettent pas d’avoir des informations sur l’origine des mis en cause de nationalité française, qui peuvent tout à fait être nés étranger à l’étranger.

Pour finir, notons que selon l’étude du psychiatre Patrice Huerre publiée au début des années 2000, 72% des « tournantes » en France sont commis par des violeurs d’origine maghrébine ou subsaharienne. Pour la question de l’appartenance ethnique des familles, 52% sont originaires des pays du Maghreb, 20% d’Afrique Noire, le restant des sujets étant issu de familles d’origine française.

Conclusion

Qu’il s’agisse des étrangers, des immigrés ou des fils d’immigrés, qu’il s’agisse des crimes, des viols, des actes peu graves ou des vols, le lien entre délinquance et immigration est mis en lumière par de multiples preuves. Dans des articles suivants, nous nous intéresserons aux causes de cette criminalité allogène, en réfutant l’explication mono-causale habituelle de la gauche anti-raciste, qui consiste à ne voir rien d’autre que le facteur social.

Elizabeth Holmes et Theranos : l’incroyable histoire d’une fraude à 9 milliards de dollars

Connaissez-vous l’histoire incroyable d’Elizabeth Holmes qui a créé Theranos, une société valorisée à 9 milliards de dollars en faisant croire pendant des années à tous les Etats-Unis qu’elle avait développé une technologie novatrice de tests sanguins ?

Les débuts prometteurs

 Elizabeth Holmes naît le 3 février 1984 à Washington, D.C. Dès ses 9 ans, Elizabeth raconte à ses parents qu’elle veut devenir milliardaire. Pendant le lycée, elle s’intéresse à la programmation, et lance sa première entreprise en vendant des compilateurs C++ à des écoles chinoises.

 En 2001, elle rejoint Stanford, où elle commence des études de chimie. Pendant ses études, Elizabeth s’imagine créer une technologie novatrice d’analyse du sang à partir de petites quantités. Lorsque elle lance l’idée de récolter “de vastes quantités de données à partir de quelques gouttes de sang provenant du bout d’un doigt” à sa professeur de médecine Phyllis Gardner à Stanford, celle-ci lui répond que son idée ne va probablement pas fonctionner, lui expliquant qu’il est techniquement impossible de faire ce qu’elle prétend vouloir faire. Plusieurs autres professeurs experts lui disent la même chose.

 Cependant, Holmes ne cède pas et elle réussit à convaincre son conseiller et doyen de l’école d’ingénierie, Channing Robertson, de soutenir son idée. Avec sa bénédiction, elle fonde “Real-Time Cures”, dont le nom a ensuite été changé pour devenir “Theranos”.

Rapidement, Holmes dépose une demande de brevet pour un “Dispositif médical pour la surveillance des analytes et l’administration de médicaments”, un appareil portable qui permettait d’administrer des médicaments, de surveiller le sang des patients et d’ajuster le dosage selon les besoins. Au semestre suivant, Elizabeth Holmes quitte Stanford (comme Steve Jobs, Bill Gates et Mark Zuckerberg…) et travaille sur Theranos à temps plein.

Theranos, la startup californienne novatrice

 Le modèle commercial de l’entreprise était basé sur l’idée qu’il pouvait effectuer des tests sanguins, en utilisant une technologie brevetée qui ne nécessitait qu’une simple piqûre du doigt et une petite quantité de sang. Selon Holmes, ces tests permettraient de détecter des maladies comme le cancer et l’hypercholestérolémie.

Logo Theranos
Le logo de l’entreprise fondée par Elizabeth Holmes

 Elizabeth Holmes commence à collecter des fonds pour Theranos auprès d’investisseurs importants, comme le fondateur d’Oracle Larry Ellison, ou encore Tim Draper, le fondateur de l’importante société de capital-risque Draper Fisher Jurvetson. Theranos lève plus de 700 millions de dollars et Draper continue à trouver des investisseurs pour Holmes, qui accepte leur argent à condition de ne pas avoir à révéler le fonctionnement de la technologie de Theranos. 

Elizabeth Holmes, une nouvelle Steve Jobs?

 Se voyant déjà être la future Steve Jobs, Holmes apporte beaucoup de soin à son image, maîtrisant le marketing aussi bien que son modèle. Comme lui, elle s’habille exclusivement en col roulé noir. Même sa voix étonnamment grave fait peut-être partie d’une image soigneusement conçue pour l’aider à s’intégrer dans le monde impitoyable des affaires et de la technologie. (En effet, dans le podcast d’ABC sur Holmes intitulé “The Dropout”, d’anciens employés de Theranos ont déclaré qu’elle “tombait parfois en dehors de son personnage”, en particulier après avoir bu, et parlait alors avec une voix plus aiguë.)

Elizabeth Holmes Theranos col roulé
Elizabeth Holmes en col roulé noir, vendant son produit à la manière de Steve Jobs

 Holmes est un patron exigeant, et veut que ses employés travaillent aussi dur qu’elle. Elle est également obsédée par le secret et la sécurité à Theranos. Elle demande à tous ceux qui visitent le siège de la société de signer des accords de non-divulgation avant d’être autorisés à entrer dans le bâtiment, et fait escorter les visiteurs par des agents de sécurité partout.

Elizabeth Holmes et Theranos au sommet

 Alors que Theranos commence à récolter des millions de dollars, Holmes est saluée dans les médias et acclamée dans le monde de la technologie. Elle fait la couverture de Fortune et de Forbes, donne un discours TED et s’entretient avec Bill Clinton et Jack Ma, le fondateur multimillardaire d’Alibaba.

Elizabeth Holmes, Bil Clinton, Jack Ma
De gauche à droite : Bill Clinton, Elizabeth Holmes et Jack Ma

Rapidement, Theranos se met à nouer des partenariats extérieurs. Capital BlueCross et la Cleveland Clinic s’engagent à offrir les tests Theranos à leurs patients, et Walgreens conclut un accord pour ouvrir des centres de tests Theranos dans leurs magasins. 

 En 2014, la start-up Theranos et sa fondatrice, Elizabeth Holmes, sont au sommet du monde. Holmes est la plus jeune femme milliardaire au monde (hors héritage), et Theranos est estimée à plus de 9 milliards de dollars. La fortune d’Elizabeth Holmes est selon Forbes de 4,5 milliards de dollars.

Elizabeth Holmes Fortune Forbes
Elizebeth Holmes en couverture de Forbes

Juste avant que tout ne s’effondre.

Des premiers doutes sur la technologie de Theranos

 Car à peu près à la même époque, des questions commencent à être soulevées sur la technologie de Theranos, et des scientifiques extérieurs commencent à exprimer leurs préoccupations concernant l’entreprise. En août 2015, la FDA se met à enquêter sur Theranos, et les régulateurs de l’organisme gouvernemental qui supervise les laboratoires trouvent des “inexactitudes majeures” dans les tests que Theranos effectue sur les patients.

 Deux mois plus tard, un journaliste du Wall Street Journal, John Carreyrou, publie une enquête sur les lacunes et les inexactitudes de la technologie de Theranos. C’est le début de la descente aux enfers de l’entreprise. Carreyrou a découvert que l’appareil de test sanguin de Theranos, nommé Edison, ne pouvait pas donner de résultats précis, et que Theranos faisait passer ses échantillons par les mêmes machines que celles utilisées par les entreprises traditionnelles de test sanguin.

La chute de Holmes

 En 2016, la FDA, les Centers for Medicare & Medicaid Services et la SEC se penchent tous sur Theranos. En juillet 2016, Holmes est exclue de l’industrie des tests de laboratoire pendant deux ans. En mars 2018, Theranos et Elizabeth Holmes sont accusés de “fraude massive” par la SEC. En juin 2018, Theranos annonce que Holmes quitte son poste de PDG. 

Elizabeth Holmes procès
Le procès d’Elizabeth Holmes aura lieu à l’été 2020.

 Le même jour, le ministère de la justice annonce qu’un grand jury fédéral inculpe Holmes de neuf chefs d’accusation de fraude électronique et de deux chefs d’accusation de complot en vue de commettre une fraude électronique, pour avoir diffusé des tests sanguins avec des résultats falsifiés à ses clients. En septembre 2018, Theranos envoie un courriel aux actionnaires annonçant la fermeture de l’entreprise. 

 En juin 2019, un juge californien a annoncé que le procès de Holmes commencerait en juillet 2020. Holmes pourrait être condamnée à 20 ans de prison et à une amende de 250 000 dollars selon le gouvernement.

QI et Intelligence : définitions

L’intelligence, un concept fondamental à connaître pour comprendre le monde (Partie I)

 Si je vous parle de QI et que vous ne vous êtes jamais réellement renseigné sur le sujet, il y a de fortes chances pour que vous pensiez que le QI ne mesure rien de pertinent ou encore que l’intelligence prend des formes multiples et qu’elle ne peut pas se résumer à un chiffre. Pourtant, c’est faux.

 L’intelligence est probablement l’un des sujets sur lesquels l’écart est le plus grand entre ce qu’imagine le grand public et ce qui fait consensus dans la communauté scientifique. En effet, les psychologues qui étudient le QI s’accordent depuis bien longtemps sur la validité de sa mesure et la pertinence de cette notion, comme en témoigne dès 1987 le sondage effectué par Snyderman et Rothman.

 Commençons par clarifier un point essentiel : si tout le monde imagine assez bien ce que signifie “l’intelligence”, il est difficile d’en avoir une définition unique et exacte. C’est la raison pour laquelle les spécialistes ont introduit la notion “d’intelligence générale”, qui est en fait la plus pertinente. C’est donc à elle que l’on va se référer quand on parlera d’intelligence, et c’est elle que le QI mesure. On peut dire que l’intelligence générale est une mesure de l’efficacité du fonctionnement cognitif d’un individu.

 Pour voir les choses simplement, le QI est une moyenne des performances des principales capacités cognitives d’une personne. Celles-ci sont notamment : la maîtrise du langage, les capacités visuo-spatiales, le raisonnement, la mémoire, le calcul, la rapidité… Dans un premier temps, on peut donc voir le QI comme une “moyenne générale” appliquée aux capacités cognitives.

 Mais en réalité, ce qui fait la pertinence de cette notion, et qu’il est essentiel d’avoir à l’esprit pour ne pas raconter n’importe quoi, est que toutes ces capacités cognitives sont corrélées entre elles. Et ces corrélations sont très élevées, souvent de l’ordre de 0,6 à 0,9 (cf “The g factor” d’Arthur Jensen). Cela signifie donc que les gens qui performent bien sur quelques tâches cognitives ont également tendance à bien performer sur toutes les autres, et vice-versa. On trouve une corrélation positive entre toutes les “formes d’intelligence”, et c’est la raison pour laquelle nous pouvons parler de l’intelligence générale.

 Pour être plus précis, les psychologues ont introduit la notion de facteur g, qui est le facteur commun à toutes les facultés mentales, ou plus précisément la variance partagée existant entre plusieurs mesures de capacité cognitives. Sachant cela, on comprend qu’il suffit de mesurer quelques aptitudes (via un test) pour obtenir une estimation correcte de l’intelligence (générale), c’est-à-dire du facteur g, qui est le QI.

 Un point important à noter est que cette intelligence mesurée par le QI correspond effectivement bien à ce que nous entendons par intelligence au sens usuel du terme. Si l’on interroge par exemple un grand nombre de personnes sur ce qu’est l’intelligence selon eux, et qu’on construit un test à partir de leurs réponses, ce test sera corrélé avec les tests de QI standards! Je vous renvoie à ce propos vers les travaux de Murphy, Hall et Colvin. 

Je conclue cet article en répondant à 3 questions ou objections classiques sur ce sujet.

Quel crédit apporter à la théorie des intelligences multiples de Gardner ?

 Cette théorie est largement appréciée par le grand public en raison de son caractère démagogique, puisqu’elle elle permet d’imaginer que “chacun est intelligent à sa manière”. Le problème de cette théorie est qu’elle ne tient pas compte des très importantes inter-corrélations entre “les différentes intelligences”, ne faisant qu’apporter de la confusion à la notion d’intelligence, sans autre avantage. En réalité, les intelligences multiples mesurables ne sont que des fonctions cognitives variées, c’est-à-dire des composantes de l’intelligence générale, corrélées entre elles. Lynn Waterhouse a montré dans son étude de 2006 (Waterhouse, 2006) que la théorie des intelligences multiples n’était pas soutenue par les résultats de la recherche sur la cognition.

Qu’en est-il de l’intelligence émotionnelle ou quotient émotionnel (QE) ?

 L’intelligence émotionnelle est un concept largement moins valide que le quotient intellectuel du point de vue de la psychologie, qui serait une forme de mélange entre le facteur g et la personnalité (Shulte et al., 2004). Mais le QE dispose d’un pouvoir nettement moins prédictif que le QI (Joseph & Newman, 2010), ce qui rend le concept peu pertinent. Il est préférable d’étudier à la fois l’intelligence via le QI, et la personnalité via un modèle adapté, tel que le modèle du Big Five.

Est-ce qu’il est possible d’améliorer son score à un test de QI en se préparant spécifiquement au test ?

 C’est effectivement possible, mais les améliorations aux tests ne se concrétisent pas dans les performances dans la vie réelle, ce qui confère à cette initiative un intérêt très limité. Par ailleurs, cela n’invalide en rien la pertinence de la notion d’intelligence et sa mesure par un test de QI. Notons également que la mesure peut être faussée si la personne qui passe le test est très fatiguée, ou est en dépression par exemple.

Maintenant que nous avons défini à quoi correspond précisément le QI, nous pouvons nous intéresser à sa validité en tant que concept tangible et pertinent au quotidien, en étudiant les différentes corrélations sociales, mais aussi biologiques du QI. C’est ce que nous allons faire dans les prochains articles de cette série consacrée au QI et à l’intelligence.

Sources : 

  • Jensen, A. (1998) The g Factor: The Science of Mental Ability
  • Joseph, D. L., & Newman, D. A. (2010). Emotional intelligence: An integrative meta-analysis and cascading model. Journal of Applied Psychology, 95(1), 54–78.
  • Murphy, N. A., Hall, J. A., & Colvin, R. C. (2000, June). Judging a book by its cover: Accuracy in intelligence judgments. Poster session presented at the annual American Psychological Society Conference, Miami, FL
  • Shulte et al. (2004) “Emotional intelligence: not much more than g and personality” Personality and Individual Differences 37 (2004) 1059–1068
  • Snyderman, M., & Rothman, S. (1987). Survey of expert opinion on intelligence and aptitude testing. American Psychologist, 42(2), 137–144.
  • Waterhouse, L. (2006). Multiple intelligences, the Mozart effect, and emotional intelligence: A critical review. Educational Psychologist, 41(4), 207–225.

Nota Bene, un Youtubeur qui manipule l’Histoire?

Nota Bene est un Youtubeur de gauche, dont le vrai nom est Benjamin Brillaud, qui fait des vidéos sur l’Histoire, avec beaucoup de succès en France.

Il y a quelques semaines, je suis tombé sur une vidéo intitulée “L’Histoire est-elle manipulée par les médias?”, publiée par le Youtubeur Nota Bene et sponsorisée par Arte. Ma réponse à cette question serait évidemment “oui” et j’aurais du être content en voyant que ce thème était abordé sur Youtube.

Le problème, c’est que je connaissais les idées d’extrême-gauche du Youtubeur au physique de viking, et qu’être sponsorisé par Arte n’aidait pas beaucoup en termes de crédibilité.

Je n’ai pas été déçu.

La vidéo est vraiment un florilège de poncifs de la gauche, qui voit partout une prépondérance imaginaire des idées “réactionnaires”, sans se rendre compte de sa domination idéologique quasi intégrale, dans le cinéma, à la télévision, dans les journaux, à l’Université et dans l’Education nationale…

En effet, après avoir vu la vidéo, on a l’impression que ceux qui essaient de “manipuler l’histoire” ou de la tordre dans leur sens, ce ne sont que les “ultra-conservateurs”, les réactionnaires, les gens de droite. Nota Bene parle ainsi de “vision propagandiste et identitaire du passé”, de “récupération par l’extrême-droite”, de “discours réactionnaire inquiétant”, “d’histoire utilisée comme simple outil célébrant la grandeur de la nation”

Quand il dit “les hommes politiques ne se privent pas de déformer l’histoire”, qui est montré à l’écran? Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. Quand il parle de “mobiliser un électorat”, qui est montré à l’écran? Des supporters de Donald Trump. Bien sûr, on a également droit à la classique diabolisation caricaturale du prétendu tyran Poutine et de la Russie, ce pays sans liberté… (Pourtant, il ne me semble pas avoir vu des dizaines de manifestants éborgnés sous des LBD en Russie récemment, contrairement à un autre pays.)

On n’échappe pas non plus à la référence au fameux complotisme et au “révisionnisme à la mode”, tout en montrant à l’écran des vidéos de camp de concentration, comme si le révisionnisme en matière d’Holocauste ne représentait pas une opinion ultra-minoritaire qui n’apparaissait jamais dans les médias.

Curieusement, la gauche, elle, semble à peine concernée (seules des rapides références à Jaurès et Robespierre). Non, évidemment, la gauche est objective et elle ne déforme JAMAIS l’histoire pour faire passer ses idées!

En fait, la vision politique de Nota Bene semble être tellement ancrée à gauche qu’il ne se rend même plus compte que la réalité est plutôt l’inverse de ce qu’il raconte.

Il évoque par exemple la polémique apparue à propos de la commémoration de l’abolition de l’esclavage. Naturellement, Nota Bene critique ceux qui assimilent ça à de la repentance, les fameux polémistes “relayés sans contradiction”. Mais a-t-il seulement conscience du fait que les jeunes Français sont continuellement abreuvés de repentance sur l’esclavage et la colonisation? (Citons par exemple la très récente série “Décolonisations” d’Arte (tiens, la même chaine qui a sponsorisé cet épisode de Nota Bene…) qui apporte une nouvelle pierre à l’édifice de la haine de soi occidentale.)

Pourquoi par exemple, les jeunes Français ne savent-ils pas que la traite arabo-musulmane a commencé bien avant la traite transatlantique, qu’elle a duré des siècles et subsiste encore dans certains pays africains? Pourquoi ne savent-ils pas que les esclaves transportés vers l’Amérique avaient été raflés à l’intérieur des terres par d’autres Africains noirs, qui vendaient leurs frères aux blancs? Pourquoi ne savent-ils pas que plus d’un million de Chrétiens blancs ont été razziés et mis en esclavage par des musulmans en Méditerranée de 1500 à 1800?

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“Esclaves chrétiens, Maîtres musulmans”, de Robert C. Davis, que beaucoup de Français gagneraient à lire.

Pourquoi les jeunes Européens ont-ils l’impression d’être les uniques colonisateurs de l’Histoire? Alors que l’Espagne a été colonisée pendant des siècles par les arabo-musulmans, que l’Europe a du repousser les Ottomans, les Huns, les Mongols qui avaient tous fait des percées très profondes en Europe?

Ce qui est aussi assez cocasse, c’est d’aller dire qu’une “méthode pour faire taire les historiens est de légiférer pour empêcher des recherches sur des sujet brûlants”, avant d’aller chercher une loi russe qui interdirait toute critique du pouvoir soviétique. Mais mon cher Nota Bene, il n’y a pas besoin d’aller chercher si loin, ça existe déjà en France et ça s’appelle la loi Gayssot ! Pourquoi tu ne la cites pas? C’est pourtant bien une loi “pour empêcher des recherches sur des sujets brûlants” n’est-ce pas? Ou peut-être qu’en fait, parfois, ça te plait qu’on empêche les recherches historiques sur un sujet…

Selon Nota Bene, “le régime de Vichy aurait activement participé à la Shoah”, “preuves historiques à l’appui”. Ah bon? Mais alors pourquoi la France, en collaborant, a réussi à sauver une proportion de Juifs bien plus significative que les pays Européens envahis par l’Allemagne qui n’ont pas eu de gouvernement de collaboration? Assez inefficace, cette “participation active”… (Evidemment, il s’agit de la rhétorique sous-paxtonienne qui est désormais largement enseignée par l’Education nationale, de sorte que les élèves ont une vision assez faussée de la Seconde Guerre Mondiale.)

Pour finir, Nota Bene parle aussi de la bataille de Poitiers, “récupérée par l’extrême-droite dans un contexte de la montée de l’islamophobie”. Ah bon? Les musulmans seraient-ils de plus en plus persécutés en France? Pourtant, en 2018, on compte 1063 actes anti-chrétiens contre 100 actes anti-musulmans, selon le Ministère de l’Intérieur…

Statistiques du Ministère de l’Intérieur sur les actes contre les religions en 2018

Le père Hamel, égorgé par 18 coups de couteaux d’islamistes dans son église a-t-il ressenti la montée de l’islamophobie dans son pays? La diabolisation de l’Inquisition, des Croisades et d’une Eglise prétendument obscurantiste ne serait elle pas elle aussi, à l’origine d’une montée de l’anti-catholicisme depuis quelques dizaines d’années?

En conclusion, une vidéo très décevante, qui sous couvert d’objectivité, défend en réalité une vision très partiale de l’histoire, celle-ci étant d’ailleurs la vision largement répandue auprès du grand public. D’ailleurs, Nota Bene est la chaîne francophone la plus populaire sur le thème de l’Histoire, ce qui en dit long sur la question…

A Harvard, mieux vaut être noir que riche, blanc ou sportif

Il y a quelques mois, Le Monde publiait un article dont le titre était « A Harvard, mieux vaut être riche, blanc et sportif », source à l’appui.

Mais quand on lit réellement l’étude citée, on comprend que le titre est légèrement malhonnête… Je réponds donc ici à cet article.

Rappelons d’abord ce que dit l’étude que cite Le Monde : “Elle montre que 43 % des recrutés blancs tombent dans une des quatre catégories qui bénéficient d’un examen allégé du dossier de candidature : les sportifs de haut niveau, les enfants d’employés de Harvard, les enfants ou autres parents d’anciens, et ceux signalés par le doyen (typiquement parce que leurs parents sont donateurs de l’université). Mais parmi les Afro-Américains et Américains d’origine asiatique et hispanique, seuls 16 % figurent dans ces catégories favorisées.”

Ces chiffres sont exacts, et on peut les retrouver dans l’étude en question via cet URL : http://public.econ.duke.edu/~psarcidi/legacyathlete.pdf

Mais l’étude contient une autre information qui, elle, est beaucoup moins mise en avant : l’avantage bien plus significatif conféré par la race de certains candidats !

En effet, ce tableau étudie la proportion d’admis par race avec le système actuel (ligne 1), puis en éliminant l’avantage “enfants d’anciens” (ligne 2) ou “sportifs de haut niveau” (ligne 3) : dans ces cas-là les proportions de Blancs diminuent légèrement au profit des autres.

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Tableau issu du rapport sur le nombre d’admis par race selon le système actuel, puis selon d’autres critères

Mais en quatrième ligne on élimine les deux avantages des lignes 2 et 3 ainsi que l’avantage racial et on constate que c’est une toute autre affaire :

  • les Asiatiques sont alors bien plus nombreux
  • les Blancs à peine plus
  • les Hispaniques 2 fois moins
  • et les Africains 3 fois moins!

Les auteurs l’admettent eux-mêmes dans une note de bas de page que je traduis ici :

“Il est clair que les avantages que les Afro-Américains et les Hispaniques reçoivent surpassent les pertes qu’ils subissent en raison des préférences pour les enfants d’anciens élèves et pour les athlètes”

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A partir, des mêmes données, on peut également tirer des informations d’un autre document publié par Peter Arcidiacono, professeur à Duke. On peut la trouver en suivant le lien suivant : https://fairmodel.econ.yale.edu/ec438/arci2.pdf

Ainsi, on peut voir que si Harvard n’admettait que les 10% d’élèves ayant les meilleurs résultats (purement académiques), la distribution raciale serait changée :

  • le pourcentage d’Asiatiques augmenterait significativement, de 25% à 52%
  • le pourcentage de Blancs baisserait légèrement de 37,6% à 35,5%
  • le pourcentage d’Hispaniques chuterait de 15% à 2,7%
  • le pourcentage d’Afro-Américains chuterait de 16% à 0,9%
Tableau issu de l’étude de Peter Arcidiocano, professeur à Duke

Comme souvent les médias, à l’instar du Monde, publient un article tendant à faire croire que toutes les minorités raciales sont discriminées face à l’homme blanc pour l’admission à Harvard. En réalité, quand on regarde en détail les chiffres, c’est plutôt l’inverse (sauf pour les Asiatiques).

En effet, le léger avantage qu’ont les Blancs sur les admissions “particulières” est très nettement inférieur à l’avantage considérable qui est conféré aux Afro-Américains et aux Hispaniques, simplement par leur appartenance raciale!

Conclusion : Est-il vrai que « A Harvard, mieux vaut être riche, blanc et sportif » ?

NON !

A Harvard mieux vaut être noir que riche, blanc ou sportif…